Par: Vanessa Langlois
Entretien avec Élizabeth Asselin, 3 fois finaliste au titre d’enseignant(e) de l’année de la PGA Québec
Au Québec, ils ne sont que 400 à porter le titre de professionnel(le) de la PGA. De ce nombre, elles sont moins d’une vingtaine de femmes à porter cette appellation réservée aux membres ayant complété le cursus de l’Académie de formation de la PGA du Canada, dont Élizabeth Asselin, professionnelle classe A PGA Québec.
J’ai eu la chance de m’entretenir avec celle qui a été finaliste au titre d’enseignant(e) de l’année PGA Québec lors des 3 dernières années afin de mieux comprendre les exigences du parcours et d’en apprendre plus sur ce qui l’a mené vers la profession d’enseignante et entraîneuse de golf.
Il s’en est fallu de peu pour qu’Élizabeth passe à côté d’une carrière qui aujourd’hui la passionne. Après d’excellents résultats au niveau junior, une passe à vide l’a amené à complètement abandonner le jeu après le Cégep. C’est une connaissance, croisée à l’Université Laval où elle a complété son baccalauréat en enseignant de l’éducation physique, qui l’a convaincue de reprendre le golf et de joindre l’équipe du Rouge et Or. « Le fait de compétitionner par équipe m’a donné le goût de recommencer », me disait celle usée par la pression des évènements individuels. Un des mentors de l’équipe a rapidement vu un potentiel en elle, lui suggérant de considérer l’enseignement du golf, carrière qu’elle n’avait à ce point jamais évaluée.

Mais ne devient pas professionnel(le) accrédité par la PGA qui le veut, et surtout pas en claquant des doigts. Il s’agit d’un parcours d’une durée moyenne de 6 ans et durant lequel plusieurs formations obligatoires doivent être complétées. Bien entendu, il faut d’abord prouver sa compétence au jeu (PAT) en participant à un évènement de la PGA Québec et en y obtenant le pointage de passage requis. Ce pointage varie selon le sexe et l’âge du candidat, mais pour une femme de moins de 49 ans, l’objectif est l’évaluation du parcours plus 13. Les joueuses élites ayant démontré d’excellents résultats dans le passé, comme Élizabeth, sont parfois exemptes de cette participation. Une expérience de travail dans le milieu du golf est aussi requise afin de pouvoir s’inscrire à l’Académie de formation.
Il faut également savoir qu’il existe plusieurs profils de formation vers l’obtention de la classe A. Une base de cours obligatoires équivalent à la moitié des crédits couvre de nombreux sujets dont l’enseignement aux débutants, les règles de l’handicap, les affaires et le service à la clientèle. S’en suit alors, si désirée, la spécialisation selon 4 profils : opérations de golf, enseignement, entraînement, gestion et leadership. L’option non spécialisée est également possible, mais dans tous les cas, les candidats doivent compléter les 15 crédits supplémentaires. Mais avant d’obtenir le titre de professionnel classe A, il faut encore compléter 3000 heures de travail dans le golf. Entre temps, les candidats sont considérés comme des professionnels apprentis. Un(e) pro, ce n’est donc pas seulement un expert de l’enseignement, mais un expert du milieu du golf au profil varié.
Élizabeth, de son côté, est à la fois enseignante et entraîneuse. La distinction? L’entraîneuse a une approche 360 touchant à l’enseignement du golf, mais aussi à l’entraînement physique, à la planification des tournois de l’année, etc. Elle a débuté sa carrière comme entraîneuse sport-études auprès des juniors avant son arrivée au Royal Québec en 2019. « Je me souviens être allée me présenter à la section féminine du haut de mes 22 ans et des regards des dames quand je leur ai dit que je faisais tirer des certificats-cadeaux », me racontait Élizabeth. Au final, c’est en prenant son courage à deux mains et en convaincant des connaissances d’adhérer à une série de cours pour golfeuses avancées qu’elle a réussi à se faire connaître et rapidement respecter dans son rôle.

Aujourd’hui, son académie est connue et estimée. Les cours estivaux sont réservés aux clients actuels ou à ceux de la liste d’attente. Elle a été sélectionnée pour un programme de développement pour les professionnelles féminines du Canada et partira sous peu en Arizona pour se perfectionner. Depuis l’automne 2025, elle est également entraîneuse de l’équipe féminine de golf de l’Université Laval. À 30 ans, il s’agit d’un parcours remarquable dans un milieu compétitif et encore très masculin, mais en rien étonnant pour ceux qui ont eu la chance de rencontrer Élizabeth et de pouvoir apprécier sa passion pour le sport et son énergie contagieuse.
Il est encore possible de prendre des leçons avec Élizabeth durant la période hivernale au complexe VGolf à Québec via le https://www.easselin.com/
Pour plus d’information sur la formation de professionnel(le) de la PGA du Québec, c’est ici : https://www.pgaofcanada.com/fr-ca/adhesion